Cours à l’Université

Licence Arts du spectacle
Parcours « Art dramatique »

Les étudiant-e-s de L’École de la Comédie de Saint-Étienne sont inscrit.e.s à l’Université Jean Monnet (UJM), soit en licence Arts du spectacle « parcours Art dramatique », soit en master de Lettres modernes « parcours Art dramatique ».

Ces diplômes leur sont délivrés si les étudiant.e.s ont validé au cours de leur scolarité les divers enseignements assurés à L’École de la Comédie, à l’Université Jean Monnet (UJM) et à l’École normale supérieure de Lyon (ENS).

Les trois années de licence à l’UJM et à l’ENS sont organisées comme suit :

1ère année / L1

Semestre 1

Université Jean Monnet (Saint-Étienne)

Semestre 2

École normale supérieure (Lyon)

2ème année / L2

Semestre 3

École normale supérieure (Lyon)

Semestre 4

Université Jean Monnet (Saint-Étienne)

3ème année / L3

Semestres 5 et 6

Université Jean Monnet (Saint-Étienne)

En première et deuxième année, les élèves de L’École de la Comédie suivent des cours, à l’issue desquels ils/elles sont évalué-e-s.
La troisième année est consacrée à l’élaboration d’un mémoire d’une trentaine de pages avec l’aide d’un-e tuteur/trice (UJM).

Théorie, recherche et réflexion (UJM / ENS) – Unité d’enseignement (UE 3)

Les cours sont regroupés sur deux semaines chaque semestre, ils sont dispensés par des enseignants-chercheurs de l’UJM ou de l’ENS.

Pour les semestres dispensés à l’UJM, chaque étudiant.e présente deux travaux ; les travaux écrits peuvent peut être adressés par courriel à l’enseignant-e ou déposés dans son casier (UJM, bâtiment G, salle des enseignant-e-s).

Promotion 32 / 1ere année de Licence / Cours à l’UJM

Histoire du théâtre (UJM)

  • Le théâtre en France depuis le Moyen Âge : institutions, pratiques, textes / Morgane Kieffer

Ce parcours n’a évidemment pas pour ambition d’offrir un panorama exhaustif, mais vise à installer quelques repères fondamentaux dans l’histoire du théâtre à travers les siècles, en s’arrêtant sur certains moments-clés de son évolution. Notre réflexion s’articulera autour de trois pôles principaux. On interrogera la place et les usages dévolus au théâtre dans la société française à différentes époques, pour une réflexion sur la constitution de l’institution théâtrale. Un autre temps fort sera consacré aux pratiques théâtrales (du jeu à la réception). La question du texte de théâtre sera notre troisième point d’ancrage, qu’on abordera sous l’angle de l’histoire et des genres littéraires, et plus précisément sous celui de la théorie dramatique.

  • Le théâtre antique de l’autre côté du miroir / Stavroula Kefallonitis

Considéré comme l’origine du théâtre occidental et le conservatoire de la tradition classique, le théâtre antique est souvent étudié à travers le filtre d’une lecture patrimoniale des textes anciens qui tend à projeter ses propres pratiques et ses propres concepts, voire ses propres valeurs, sur le domaine antique, en ignorant l’altérité et l’exotisme de ce dernier. Or il est possible d’aborder le théâtre antique en proposant des alternatives à cette approche généalogiste : excentrer le théâtre antique, porter sur lui un « regard éloigné » (selon l’expression de Claude Lévi-Strauss), c’est partir à la découverte d’un univers dramatique où l’on se retrouve tout en découvrant un autre, et qui constitue à la fois une altérité familière et un double étrange.

Ce parcours exploratoire se fera en trois étapes :
– Le theatron des Grecs et le theatrum des Romains étaient-ils des théâtres ?
– Les tragédies antiques étaient-elles tragiques ?
– Les comédies antiques étaient-elles comiques ?

Étude d’œuvres (UJM)

  • Shakespeare, Le Songe d’une nuit d’été / Zoé Schweitzer

Œuvre propice à la rêverie et à la réflexion, curieuse et classique, Le Songe d’une nuit d’été a connu bien des interprétations scéniques et savantes. Ce cours se propose d’explorer l’une des pièces les plus fameuses de Shakespeare qui illustre à la fois ce que le dramaturge doit à son temps et son originalité poétique, théâtrale et intellectuelle.

Longtemps considérée comme un divertissement de cour, la pièce n’est peut-être pas seulement un sommet de virtuosité poétique et de fantaisie débridée grâce à une intrigue complexe où se mêlent des personnages de toutes sortes. La métamorphose qui touche personnages humains et créatures divines est le vecteur d’une réflexion à la fois complexe et passionnante sur la nature des sentiments et des êtres, ce qui est peut-être l’une des raisons du succès de cette œuvre dont la force spectaculaire n’est nullement gratuite.

Edition recommandée : Shakespeare, Le Songe d’une nuit d’été, édition bilingue, trad. J.-M. Déprats, éd. G. Venet, Paris, Gallimard, coll. « folio théâtre », 2003.

  • « Fabrice Melquiot : J’ai pris mon père sur mes épaules : discussion autour des enjeux du motif filial dans le théâtre contemporain. » / Gaëtan Dupois

Le premier à « prendre son père sur ses épaules » est sans nul doute Énée qui, dans l’Énéide de Virgile, s’enfuit de Troie, alors en flammes, avec son père Anchise sur le dos. Des siècles plus tard, Fabrice Melquiot décide, à son tour, dans « une adaptation très libre » de réécrire ce mythe en le transposant à notre époque. De ce fait, tout, dans cette pièce, résonne en nous lorsque le HLM stéphanois, cadre spatial structurant de l’intrigue, se dévoile en même temps que tous les personnages a priori prisonniers de leur déterminisme social.

L’enjeu de ce cours sera alors d’analyser la manière dont le motif filial (incarné par Énée et Roch) se déploie dans la pièce et permet peut-être de soulever d’autres interrogations, davantage poét(h)iques et politiques : les amours et les amitiés plurielles, les attentats, le racisme et la xénophobie, le féminisme, etc. Pour le dire autrement, nous nous servirons de J’ai pris mon père sur mes épaules, qui interroge « des corps et des générations différents » selon F. Melquiot, pour comprendre la manière dont le théâtre contemporain met en scène le monde dont il se fait l’observateur et le dépositaire.

Promotion 32 / 1ere année de Licence / Cours à l’ENS de LYON

  • Histoire du théâtre : éléments pour une histoire de la mise en scène / Juliette de Beauchamp

Le cours propose une traversée de l’histoire de la mise en scène et des théâtres d’art européens du XIXème au XXIème siècle par les manifestes théâtraux qui la jalonnent, depuis la fondation du Théâtre Libre en 1887 jusqu’au Manifeste de Gand de Milo Rau et au Manifeste des Centres dramatiques nationaux, publiés en 2018. Comment s’invente une rupture, dans l’histoire du théâtre ? Qu’est-ce qu’une avant-garde ? Qu’est-ce que le « nouveau » ? Quels sont les principaux mouvements dont héritent et se revendiquent aujourd’hui les metteurs•euses en scène ? Autant de questions que nous nous poserons ensemble, à partir de lectures de courts extraits de textes, de documentaires, et de visionnages de captations. Il sera demandé en amont aux élèves de répondre à un court questionnaire permettant de cibler le cours sur des figures ou des chapitres de l’histoire du théâtre qui leur seraient inconnus.

  • Dramaturgie à la table / « Le procès au théâtre : enjeux dramaturgiques de la représentation » / Clara Christophe

Comment faire face à l’esthétique du procès documentaire au théâtre ? Comment envisager l’effet de « théâtre dans le théâtre » qu’implique la forme du procès ? Que vient réactualiser le théâtre documentaire par rapport à un procès qui a eu lieu ? Quelle relation un tel théâtre crée-t-il avec les notions de justice et de jugement ? Nous réfléchirons sur ces questions posées par le théâtre documentaire dans sa mise en scène du procès à partir de L’Instruction de Peter Weiss. Par une lecture et des analyses collectives à la table, nous nous interrogerons sur la singularité et le caractère politique du procès au théâtre, ainsi que ses discours sur nos propres représentations historiques par la mise en scène de celles-ci. A partir de la compréhension des enjeux de la pièce et de la forme du procès, il s’agira dans un second temps de se saisir d’un procès réel au choix et d’en proposer une courte écriture théâtrale. Elle sera agrémentée d’une présentation des difficultés dramaturgiques posées par le texte et rencontrées pendant l’écriture, laquelle doit être une mise en pratique des enjeux dramaturgiques et politiques évoqués pendant le cours.

Promotion 31 / 2e année de Licence / Cours à l’ENS

  • Histoire du théâtre: éléments pour une histoire du jeu / Anne Pellois 

Ce cours propose un parcours dans l’histoire du jeu du 19e au 21e siècle à travers l’archive. Il interrogera les modalités de l’histoire du jeu et sa possibilité même à travers l’étude d’archives spécifiques à l’art de l’acteur (textes, théories, arts poétiques, critiques, tableaux, photos, archives sonores, vidéos). Est-il possible de connaître les modes de jeu d’un acteur ou d’une actrice? Comment faire l’histoire d’une pratique vivante?

  • Dramaturgie au plateau : Usage(s) des œuvres, gestes dramaturgiques en tension(s) / Yann Guewen-Basset 

Tout autant que des problèmes éthiques et politiques, la controverse née de la publication anonyme de la vidéo « l’usage des œuvres » sur la plateforme Vimeo le 5 février 2021 – opposant sur des questions de plagiat le chorégraphe et metteur en scène Yoann Bourgeois à un ensemble d’artistes circassien·nes moins reconnu·es institutionnellement (Chloé Moglia, le collectif Petit Travers, Camille Boitel…) – a mis au premier plan une série de questions décisives pour les dramaturgies dites « de plateau » : une image scénique, voire une œuvre, préexistante peut-elle n’être qu’un « motif » dans une nouvelle ? comment intégrer dramaturgiquement une œuvre dans une autre et à quelles fins ? des dramaturgies du détournement ou de la reprise peuvent-elles émerger de telles pratiques citationnelles voire plagiaires ?

Cet atelier travaillera à s’emparer de ces enjeux en invitant les étudiant·es dramaturges et comédien·nes à réfléchir au statut de différentes opérations dramaturgiques – adaptation de textes non-dramatiques, assemblages d’œuvres et de documents de natures hétérogènes (non nécessairement référencés), détournements…. – et à s’y exercer de manière réflexive, individuellement ou par petits groupes, en travaillant des œuvres de leur choix à titre expérimental. De chacune de ces opérations découlent une modalité spécifique du travail dramaturgique, une variation de ses « productions » concrètes (écriture ou non d’un script, partage ou non de notes de répétition, composition d’un storyboard etc.) ainsi qu’un champ de tensions passionnant entre les spectacles et une ou plusieurs « œuvres-sources » qu’il s’agira d’explorer, en ne se demandant plus seulement comment s’écrivent des spectacles au plateau mais ce que les « dramaturgies de plateau » font, font faire ou peuvent faire faire à d’autres œuvres

Promotion 31 / 2e année de Licence / Cours à l’UJM

Étude d’œuvres

  • Büchner, Woyzeck / Patricia Viallet 

Woyzeck, pièce de théâtre fragmentaire écrite en 1837 par Georg Büchner (1813-1837), est une œuvre-clé de la période du Vormärz en Allemagne (soit celle qui commence avec le Congrès de Vienne en 1815 et s’achève avec la Révolution de 1848). Son étude permettra de revenir sur le contexte d’une Allemagne secouée elle aussi par des mouvements nationaux et libéraux et de présenter un premier exemple d’engagement politique et social, en particulier sur le plan théâtral : au centre de ce drame inachevé qu’est Woyzeck figure un simple soldat, un « pauvre bougre » exploité par ses supérieurs et finalement amené dans un mouvement à la fois de désespoir et de révolte à tuer sa compagne. Büchner s’est ici inspiré d’un fait-divers, mais là n’est certainement pas le seul aspect novateur de ce Außenseiterdrama (« drame de marginal »), un des premiers dans l’histoire du théâtre allemand à relever de la « forme ouverte » selon la terminologie de Volker Klotz. Jamais jouée de son vivant, la pièce trouve encore aujourd’hui une résonance particulière, comme en témoignent ses nombreuses mises en scène contemporaines (celle de Stéphane Braunschweig par exemple, en 1999).

  • – Derek Walcott, Rêve sur la montagne au singe / Sophie Chapuis

Ce cours abordera l’univers littéraire caribéen à travers l’étude de la pièce de théâtre Rêve sur la montagne au singe, publiée en 1970 par celui qu’on a pu appeler parfois le barde de Sainte-Lucie, Derek Walcott (1930-2017). Récompensé par le prix Nobel de littérature en 1992, Walcott est un des plus grands auteurs de la langue anglaise dont le style, qu’il qualifiait lui-même de « mulâtre », puise à la fois dans le canon occidental, l’oralité africaine, et les mythes antillais. Plus souvent connu pour son immense œuvre poétique, Walcott fut également le fondateur d’un atelier théâtral à Trinidad et l’auteur de vingt-huit pièces de théâtre. S’appuyant à la fois sur la danse, la musique et le dessin, Rêve sur la montagne au singe est un œuvre onirique qui oscille en permanence entre l’espace du réel et celui du rêve. Cadencée par les hallucinations du vieux Makak, le protagoniste qui donne également son nom à la montagne sur laquelle il vit reclus, la pièce oppose la chimère d’un retour vers l’Afrique à la construction d’une identité hybride et proprement caribéenne.

Histoire des arts

  • – Mouvement des images / Mouvement des corps. Trois petits parcours dans l’art du 20ième siècle et du 21ième siècle / Carole Nosella

Ce cours sera un bref parcours dans les arts plastiques du 20ème et 21ème siècle autour de la question du mouvement du corps et du mouvement des images. On commencera par l’émergence de la chronophotographie et du cinéma et leur influence sur les arts au début du 20ième siècle, puis on se concentrera sur la pratique de la marche comme forme artistique et sur l’intervention dans des milieux publics notamment urbains, pour finir sur le croisement entre émergence de l’art vidéo, du cinéma exposé et de la performance à travers notamment le mouvement fluxus. Quelques exemples contemporains croisant technologie, vidéo et corps seront également abordés.

Master de Lettres modernes
parcours « Art dramatique »

Les deux années de master à l’UJM et à l’ENS sont organisées comme suit :

1ère année / M1

Semestre 1

Université Jean Monnet (Saint-Étienne)

Semestre 2

École normale supérieure (Lyon)

2ème année / M2

Semestre 3 et 4

Université Jean Monnet (Saint-Étienne)

En première année de master, les étudiant(e)s suivent les cours d’Étude d’œuvres (semestre 1) et de Dramaturgie appliquée (semestre 2) qui sont communs avec la licence (cf. ci-dessus). Ils suivent également les cours d’anglais obligatoires.

La deuxième année de master est consacrée au mémoire, les étudiants ne suivent donc pas de cours à l’université à l’exception des cours d’anglais, obligatoires, où ils sont répartis en fonction de leur niveau. Le travail de mémoire est évalué aux semestres 3 et 4.

Une soutenance aura lieu à l’issue de l’année universitaire au cours de laquelle l’étudiant présentera son travail. Il s’agit d’exposer en une dizaine de minutes les enjeux du travail (le sujet, le corpus, la problématique, le plan et la méthode) et les conclusions auxquelles l’étude est parvenue. Cette présentation sera suivie de quelques questions.

La soutenance aura lieu au mois de juin ou au mois de septembre en présence du directeur de mémoire, d’un autre enseignant de l’UJM et de la directrice des études de L’École de la Comédie.