PRÉSENTATION

Enregistrement d’une fiction radiophonique en partenariat avec Radio France

Frankenstein
ou le Prométhée moderne
de Stefano Massini
librement inspiré du roman de Mary Shelley
traduit de l’italien par
Pietro Pizzuti

Une oeuvre très fouillée et documentée, qui retrace la biographie de Victor Frankenstein et de sa créature. Le texte avance, entre des monologues de la créature qui est le narrateur de la pièce, et des scènes de la vie de Victor Frankenstein qui, comme Prométhée, comme Faust, comme Léonard de Vinci, a voulu se mesurer à Dieu, en créant un homme à son image et qui a créé un monstre. On pense également à Dorian Gray, à L’étrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde mais aussi à Galilée et ses folles ambitions, à toutes les petites révolutions scientifiques.

L’adaptation donne au mythe de Frankenstein des résonnances contemporaines et interroge profondément sur la création et sur le sens de la vie. L’accent est ici mis sur les itinéraires parallèles de la créature et de Victor devenu son propre monstre, né une seconde fois. Ce qui accentue le fait que le monstre n’est qu’une chimère, une parabole. C’est parce qu’il a voulu vaincre la mort que Victor s’est aveuglé.

Cette pièce pédagogique et riche, parfaitement structurée (7 tableaux comme les 7 jours de la création, deux parties comme la naissance et la renaissance de Victor Frankenstein) n’est cependant pas dénuée de fiction et de ludisme.

La relation entre Frankenstein et sa créature sans nom y est analysée. La créature y gagne en humanité et en poésie. Ses monologues, sont comme des lettres à son créateur (« Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ») belles et touchantes de simplicité. (« Qui vit dans la terreur, / tôt ou tard, Victor, / transforme sa peur en colère. / C’est ce qui m’arrive, / plus qu’à quiconque. »). 

Une réflexion sur la mort. La créature qui vient du vide. L’exclusion. Et la question de la solitude sur la terre.

La langue est belle, claire et bien traduite. La créature s’exprime de manière poétique tandis que tous les autres personnages s’expriment de façon prosaïque ou scientifique. La scène de fête foraine où la créature endure les insultes de la foule et les sermons d’un prêtre est particulièrement intéressante pour une assemblée comme la nôtre. Tout comme la scène de l’accouchement au début de la pièce. L’amour d’Elizabeth pour Victor est poignant, tandis que le couple de domestiques (Gaston et Ferdinand) et la domestique « accoucheuse » Justine, amènent une touche de burlesque à cette histoire.

Distribution

Atelier dirigé par Baptiste Guiton avec les élèves comédien.ne.s de la promotion 30 Chakib Boudiab, Estelle Brémont, Pascal Cesari, Clément Deboeur, Théophile Gasselin, Lise Hamayon, Liora Jaccottet, Maud Meunissier, Mathis Sonzogni | et l’équipe de Radio France : chef opérateur Julien Doumenc | opérateur Pierre Henry | bruiteur Benoit Faivre) | assistante à la réalisation Laure Chastant