PRÉSENTATION

S’il est vrai que la liberté naît de la contrainte, avec Racine, on est servi. 

Mais par quelle contrainte commencer quand on s’attaque à l’alexandrin ? Celle du souffle ? De la métrique ? De la diction ? On pense tout de suite à des contraintes de technique verbale… Mais il y en a d’autres : il faut que chaque vers participe de la construction de l’action de la scène, qu’il soit nourri en profondeur par des enjeux intimes, que son sens soit clair…

La bonne nouvelle c’est que chez Racine les contraintes ne s’additionnent pas, elles s’éclairent l’une l’autre. Résoudre une question de sens peut nous aider à mieux respirer un vers ; trouver les enjeux intimes d’une scène nous renseignera peut-être sur la façon de faire entendre sans lourdeur une allitération*… il arrive même qu’une contrainte annule l’autre. Ainsi, Eugène Vinaver, grand spécialiste de l’œuvre de Racine, n’hésite pas à confier dans ses « Entretien »s : « Marie Bell dit moins bien les vers que Maria Casares mais c’est précisément cela qui lui permet de rester plus fidèle à l’intention du poète ».

Pendant quinze jours nous ferons un travail de scène tout ce qu’il y a de plus classique. Ce travail permettra de mettre en évidence par la pratique certains outils techniques. Mais mettons-nous bien d’accord : communiquer des outils techniques, ce n’est pas pour moi une fin en soi, il y a des livres pour ça**. Je voudrais surtout que nous observions ensemble de quelles manières vos émotions, votre intimité, votre intelligence d’acteur, peuvent interagir avec cette technique pour donner toute sa force au vers racinien.

Pour ce faire j’ai choisi de travailler avec vous sur « Andromaque ». Si, en guise d’exercice, nous lisons la pièce comme l’histoire d’un groupe de jeunes gens qui se demande quoi faire de l’héritage de leurs ainés, il me semble que nous ne serons pas en reste de nourritures intimes pour alimenter notre travail technique.

*           figure de style qui consiste en la répétition d’une ou plusieurs consonnes à l’intérieur d’un même vers ou d’une même phrase.

**       Le jeu verbal – Michel Bernardy
Dire le vers – François Regnault
L’effet de sourdine dans le style classique : Racine – Leo Spitzer
Entretiens sur Racine – Eugène Vinaver
Cours de Michel Bouquet au conservatoire – cours sur Racine (enregistrement audio)

PHOTOS

 

 

Distribution

Atelier dirigé par Thomas Condemine avec les élèves comédien.ne.s de la promotion 30 Chakib Boudiab, Estelle Brémont, Pascal Cesari, Clément Deboeur, Théophile Gasselin, Lise Hamayon, Liora Jaccottet, Maud Meunissier, Mathis Sonzogni, Sandra Verchère