présentation

Il n’était pas une fois : c’est le jour où.

Sonia est effondrée sur le quai d’une station de métro au nom suspendu au-dessus d’elle : la rapée. Sonia attend, cherche la force, la raison, le cœur, d’y aller. Elle croise ceux qui y vont, tandis que sur l’autre quai, elle voit ceux qui en reviennent. Tous sont comme elle : à ce moment de leur vie où il est temps de les chercher, peut-être de les retrouver, ces parents qui les ont abandonnés. Ils sont tous orphelins de l’un ou l’autre ou des deux. C’est juste avant ou juste après, selon qu’on aille dans l’une ou l’autre direction, de découvrir la tête de leur parent. C’est le jour des retrouvailles. Encore que « retrouvaille » porte l’idée d’une deuxième fois : pour eux c’est une première. La tension est aussi extrême avant d’y aller, que le relâchement l’est d’en revenir. En surcharge émotionnelle, ils se touchent, ils se frôlent, se frappent parfois, ils se consolent, sans complaisance, mais sans maltraitance. La blessure est profonde, visible ou non. La douleur aussi, fantôme ou non. Mais on peut reconnaître leur détresse et apprendre de leur courage, un courage… obligatoire, sous peine d’en crever. Et l’on peut se demander avec eux : ça fait quoi à mes histoires d’amour d’avoir vécu ce que j’ai vécu ?

Sophie Bredier n’écrivait pas, jusqu’ici, pour le théâtre. Elle est l’auteure d’une œuvre de cinéma documentaire. Ses films s’intéressent aux cicatrices, aux traces de la naissance, de l’abandon, à la parenté. Chacun de ses films déplie un motif abordé dans un autre film, autour d’un même noyau d’écriture.

Cette pièce n’est pas tout à fait une commande. J’ai simplement incité Sophie Bredier à développer un motif abordé dans son film « La tête de mes parents ». Je lui ai rappelée qu’elle avait l’intention d’en extraire le motif d’une pièce de théâtre.

La proposition de faire cet atelier avec la promotion 28, qui est en fin de troisième année, m’a paru idéale pour réaliser les premiers pas d’une mise en scène de cette pièce. Nous expérimentons ensemble une nouvelle écriture, dont nous ne savons, pas plus les acteurs que moi, comment la faire entendre. L’enjeu maintenant, c’est de trouver.  »

Pascal Kirsch

photos

 

 

 

Distribution

avec les élèves comédien.ne.s de la promotion 28 Solène Cizeron, Fabien Coquil, Vinora Epp, Romain Fauroux, Hugo Guittet, Cloé Lastère, Fatou Malsert, Alexandre Paradis, Noémie Pasteger, Flora Souchier